mardi 22 mars 2011

Le développement durable, un effet de mode ?

Depuis une dizaine d’années, nous entendons parler de développement durable à tout va et nous voyons fleurir ici et là de multiples pratiques, innovations, initiatives diverses. De plus en plus d’ONG et d’associations militent, parfois bruyamment et avec ferveur, dans le sens du développement durable. Plusieurs raisons à cela : les problèmes écologiques, la mondialisation de l’économie, le rôle grandissant des consommateurs (ou devrais-je dire « consom’acteurs »), la place des ONG, etc.


Le développement durable, pour les entreprises, consiste à pérenniser leur métier tout en produisant mieux, c'est-à-dire en conciliant performance économique, respect de l'environnement et des individus. On parle de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Cette responsabilité concerne l'intégration de "3 piliers" : économique, social, et environnemental, à la fois dans les activités et au travers des relations avec les parties prenantes, sur une base volontaire.
L’intersection entre les trois dimensions montre la zone où le développement est réellement durable car le social, l’économique et l’environnemental se rencontrent.
La notion de développement durable peut s’appliquer aussi bien aux pouvoirs publics ou aux collectivités locales qu’aux entreprises.

Quelques repères historiques
Mais il faut revenir un peu en arrière pour comprendre ce phénomène. C’est dans le rapport Bruntland, publié en 1987 lors de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, qu’apparaît la notion de développement durable : « un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. » Les entreprises, acteurs essentiels du développement de part la richesse qu’elles créent et leur rôle dans la société, sont au cœur du développement durable. 

En 2002, le Sommet de la Terre de Johannesburg, a fait connaître mondialement la notion de Responsabilité Sociale de l’Entreprise, qui est la déclinaison du développement durable au sein des entreprises. Cette notion de RSE a ensuite pris de l’ampleur grâce à l’émergence des agences de notation sociétales, au pouvoir grandissant des ONG et à la participation des médias. Pour les grandes entreprises, la RSE est alors devenue inévitable.

En 2000, l’OCDE élabore les Principes directeurs pour les entreprises multinationales et le Livre Vert sur la promotion du cadre Européen pour la responsabilité sociale des entreprises est publié en 2001. La même année, en France, la loi sur les Nouvelles Régulations Economiques (NRE) est adoptée ; elle oblige les entreprises cotées sur le marché français à rendre compte de leurs impacts sociaux et environnementaux. Mais obligation légale ne veut pas forcément dire que toutes les entreprises l’appliquent et, si oui, le font-elles de manière transparente et honnête… c’est un point sur lequel nous reviendrons dans un prochain billet car il mérite que l’on s’y intéresse davantage.

La RSE au cœur de la stratégie des entreprises du CAC 40
Au delà de l’aspect légal, de nombreuses études et observations montrent que la RSE devient peu à peu un élément stratégique pour l’entreprise. En effet, une étude menée par la Macif auprès des entreprises du CAC 40 montre que toutes ont mis en place une politique de RSE et ont choisi d’y dédier des moyens spécifiques : direction du développement durable, systèmes de reporting RSE, systèmes de remontée des bonnes pratiques ou encore comité d’éthique.

Ainsi, les entreprises du CAC 40 ne se posent plus la question du bien-fondé du Développement Durable pour leur avenir, la RSE sera une dimension stratégique de leur modèle économique et elles s’y préparent. Mais les moyens qu’elles y consacrent et la façon dont elles les utilisent restent sans commune mesure avec les défis auxquels elles font face. L’intégration de la RSE dans l’organisation et ses outils de pilotage reste inégale et souvent partielle.

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